Comment lire son tableau électrique : rangée avec différentiel 30 mA, disjoncteurs C32 et étiquettes manuscrites

Comment lire son tableau électrique, module par module

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Sur les vieux tableaux que je reprends, il n’y a souvent plus rien de lisible. Étiquettes décollées, feutre passé, trois disjoncteurs marqués « prises » sans dire lesquelles.

Savoir comment lire son tableau électrique, c’est suivre le courant dans l’ordre. D’abord le compteur et le disjoncteur de branchement, puis l’interrupteur différentiel en tête de chaque rangée, puis les disjoncteurs, un par circuit. Sur chaque module, quelques inscriptions suffisent : la lettre et le chiffre du disjoncteur (C16), la sensibilité et le type du différentiel (30 mA, AC ou A).

Tout ce qui suit se lit en façade, porte ouverte, sans rien démonter. Manœuvrer une manette ne présente aucun risque, elle est faite pour ça. Retirer le plastron, en revanche, c’est déjà intervenir : derrière, les bornes restent sous tension même avec tous les disjoncteurs baissés.

Le circuit, la terre et les protections ont chacun leurs repères de base dans la rubrique comprendre l’électricité.

Du compteur à vos prises : l’ordre de lecture

Un tableau se lit de l’amont vers l’aval, dans le sens où le courant le traverse.

ÉlémentOù le trouverCe qu’on y litCe que vous pouvez faire
Compteurdans la gaine technique ou en limite de propriétéindex en kWh, puissance souscrite en kVAle lire, rien d’autre
Disjoncteur de branchementà côté du compteur500 mA, réglage en ampèresmanœuvrer la manette
Interrupteur différentielen tête de chaque rangée40 ou 63 A, 30 mA, typeréarmer, appuyer sur T
Disjoncteursà la suite, sur la rangéecourbe et calibre (C16, C20)réarmer
Autres modulesdans les rangéescontacteur, télérupteur, interrupteur, parafoudreles identifier

Le compteur et le disjoncteur de branchement

Le compteur est posé et scellé par Enedis, il fait partie du réseau public. Sur un Linky, les boutons font défiler l’index en kWh et la puissance souscrite en kVA. On le lit, on n’y touche pas.

Le disjoncteur de branchement, celui que tout le monde appelle « le disjoncteur EDF », est l’appareil le plus important du lot. Sa manette coupe tout le logement d’un geste : c’est la coupure d’urgence, placée entre 0,90 m et 1,80 m du sol. Sur sa face, on lit deux choses.

  • 500 mA, sa sensibilité différentielle. Il est de type S, sélectif, pour laisser les 30 mA du tableau couper avant lui.
  • Son réglage en ampères, souvent une plage du genre 15-30-45 A ou 30-45-60 A, avec la valeur choisie repérée. Il correspond à votre puissance souscrite.

La frontière entre le réseau et votre installation, ce sont les bornes de sortie de ce disjoncteur. Tout ce qui vient après est à vous. Avant, c’est Enedis qui intervient.

L’interrupteur différentiel : trois inscriptions et un bouton

L’interrupteur différentiel se reconnaît à son bouton T, en tête de rangée. Il porte trois informations, et la première est presque toujours mal comprise.

  • 40 A ou 63 A : le courant qu’il supporte en permanence. Ce n’est pas un seuil de coupure. Un interrupteur différentiel ne voit ni la surcharge ni le court-circuit, c’est le rôle des disjoncteurs placés sous lui.
  • 30 mA : sa sensibilité, celle qui protège les personnes. Un 30 mA peut couper n’importe où entre 15 et 30 mA de fuite.
  • Un petit symbole pour le type. Type AC : une sinusoïde seule. Type A : la sinusoïde accompagnée de demi-ondes. F et B ont leur propre dessin, et la lettre est souvent imprimée à côté.

Le bouton T simule une fuite. Un appui doit faire tomber la manette du différentiel ; si rien ne bouge, l’appareil est à remplacer.

La norme demande au moins deux interrupteurs différentiels 30 mA par logement, dont un de type A pour la plaque de cuisson et le lave-linge, avec 8 circuits au plus sous chacun. C’est la règle de l’édition 2024, celle qu’on applique depuis le 1er septembre 2025. Un seul différentiel pour toute la maison date le tableau, sans le rendre hors la loi : la norme ne s’applique pas rétroactivement à une installation existante.

Le disjoncteur : C16, et le chiffre dans un carré

Sur un disjoncteur, l’inscription principale tient en une lettre et un nombre.

Le nombre est le calibre, en ampères : 2, 10, 16, 20, 32 A. Il est choisi pour protéger le câble qui part dessous, pas l’appareil branché au bout.

La lettre est la courbe. Elle dit à partir de quel pic de courant le disjoncteur coupe instantanément.

CourbeCoupe instantanément au-delà deOù on la trouve
B3 à 5 fois le calibre rare en logement
C5 à 10 fois le calibre presque tous les circuits de la maison
D10 à 20 fois le calibre pompe à chaleur, transformateur, gros appel au démarrage

Le chiffre dans un carré, 3000, 4500 ou 6000, c’est le pouvoir de coupure en ampères : le courant de court-circuit qu’il peut couper sans se détruire. Sur un branchement de maison classique, 3 000 A suffisent

Restent le N, qui repère la borne du neutre. Et la manette, en haut, le circuit est en service. En bas, il est coupé ou déclenché.

Les rangées : savoir ce qui tombe ensemble

Comment lire son tableau électrique : interrupteur différentiel 40 A 30 mA type A avec bouton test, disjoncteurs C20 déclenché et C16, pouvoir de coupure 3000

Une rangée, c’est un interrupteur différentiel et les disjoncteurs qu’il alimente, reliés par un peigne au-dessus des appareils. Lire une rangée, c’est savoir ce qui s’éteindra en même temps.

Quand une rangée entière est tombée, c’est son différentiel qui a vu une fuite quelque part en dessous. Quand un seul disjoncteur est en bas, c’est son circuit : surcharge ou court-circuit.

C’est aussi pour ça que l’éclairage et les prises sont répartis sous au moins deux différentiels. Une fuite sur un circuit ne plonge pas toute la maison dans le noir.

Un clapet ou une étiquette jaune sur un appareil signale qu’il est alimenté par le bas. Les bornes du bas restent alors sous tension, appareil ouvert. (Quand c’est bien fait, donc soyez prudent)

Les modules qui ne sont pas des disjoncteurs

  • L’interrupteur, le plus souvent à deux pôles. Il ressemble à un disjoncteur, mais sa face ne porte qu’un calibre en ampères : pas de lettre de courbe, pas de chiffre encadré. Il coupe, il ne protège pas. On le trouve en tête d’un sous-tableau, pour le couper sur place, ou dans le tableau principal sur le départ qui alimente un autre tableau. Dans ce cas, c’est un disjoncteur placé au-dessus de lui qui protège le câble ; un interrupteur seul sur un départ, sans disjoncteur adapté à la section en amont, se fait vérifier.
  • Le contacteur jour/nuit, avec sa manette à trois positions (arrêt, auto, marche forcée). Il pilote le chauffe-eau en heures creuses. À côté, un petit disjoncteur 2 A pour sa commande, et le 20 A du ballon.
  • Le télérupteur, qui allume un éclairage depuis plusieurs boutons-poussoirs. Il claque à chaque appui.
  • La minuterie, pour une cage d’escalier ou un long couloir.
  • Le parafoudre, souvent en tête de tableau, avec une fenêtre qui change de couleur en fin de vie. Il se protège par un différentiel de type S, jamais par un 30 mA.

Autour du tableau : goulotte, terre, communication, sous-tableau

La goulotte verticale qui part du tableau vers le sol et le plafond, c’est la gaine technique logement, la GTL. Elle fait passer les câbles, avec la puissance et la communication dans des compartiments séparés.

La barrette de terre est une petite pièce métallique, près du tableau ou en bas de la GTL, qu’on ne démonte qu’à l’outil. D’un côté arrive le conducteur qui remonte au bornier vert et jaune du tableau. De l’autre part le conducteur de terre, vers la prise de terre enterrée : 16 mm² en cuivre isolé ou 25 mm² en cuivre nu. Ouvrir la barrette sert à mesurer la terre, pas à autre chose.

Le tableau de communication, souvent juste au-dessus, n’a rien à voir avec la protection. On y trouve l’arrivée de la fibre ou du téléphone, les prises RJ45 de brassage et le répartiteur TV.

Le sous-tableau, ou tableau divisionnaire, dessert un garage, un étage ou une dépendance. Il se lit exactement comme le principal, avec sa propre tête de protection. La première chose à noter, c’est le disjoncteur qui l’alimente depuis le tableau principal. Il n’a rien à faire au-dessus ou en dessous d’un évier, d’un point d’eau, d’un appareil de cuisson ou de chauffage.

Comment lire son tableau électrique quand plus rien n’est écrit

Sur une vieille instal’, je ne fais pas confiance aux étiquettes, même quand il y en a. On reconstruit le tableau circuit par circuit, avec ce que le matériel dit encore.

  1. Relever chaque module en façade : calibre, courbe, et sous quel différentiel il se trouve. Un 20 A à côté d’un contacteur, c’est presque toujours le chauffe-eau. Un 32 A seul, la cuisson.
  2. Couper un disjoncteur à la fois et noter ce qui s’éteint. Pensez au congélateur et à la box avant de commencer.
  3. Lire les câbles sous chaque disjoncteur. Là, il faut déposer le plastron. Avant de dévisser quoi que ce soit, on coupe le disjoncteur de branchement, on s’assure que personne ne le réarme, et on vérifie l’absence de tension sur les bornes. La section est imprimée sur la gaine du câble (3G1,5, 3G2,5). Sur un R2V, un liseré de couleur la donne aussi : rose 1,5, jaune pâle 2,5, violet 4, turquoise 6 mm² (marquage fabricant des câbles U1000 R2V).
  4. Comparer section et calibre, avec le tableau ci-dessous.
Section du câbleCalibre maximal du disjoncteur
1,5 mm²16 A
2,5 mm²20 A
4 mm²25 A
6 mm²32 A
10 mm²40 A

Un calibre plus gros que ce que le câble supporte, c’est le défaut le plus grave qu’on puisse lire dans un tableau. Le câble chauffe, et le disjoncteur ne coupe pas.

Une fois le relevé fait, on l’écrit. La norme demande que chaque circuit soit repéré de façon lisible et durable, avec le local et la fonction, et qu’un schéma soit remis à l’utilisateur.

Si le relevé fait apparaître un 32 A sur du 2,5 mm², ou un tableau sans aucun 30 mA, on ne parle plus de lecture mais de reprise de tableau. Dans le Grand Est, je confie ce genre de chantier à Decor’Home ; ailleurs, faites passer un électricien qualifié.

Chaque élément du tableau, en détail

Chaque module a son propre article, quand on veut aller au fond d’un point précis.

Ce que vous regardezPour aller au fond
Le compteur, Linky ou ancienLire un compteur Linky et les anciens compteurs
Le disjoncteur de branchementBrancher 2 départs sur un disjoncteur EDF
L’interrupteur différentielInterrupteur ou disjoncteur différentiel : la différence
Le type AC ou ADifférentiel type A ou AC
Un bloc ajouté sous un disjoncteurLe bloc Vigi et le disjoncteur différentiel
Le calibre d’un disjoncteurQuel disjoncteur pour quel appareil
Le chiffre encadréLe pouvoir de coupure d’un disjoncteur
Un appareil alimenté par le basAlimentation par le haut ou par le bas
Le contacteur jour/nuitRepérer le chauffe-eau sur le tableau
Le télérupteurTélérupteur qui ne fonctionne plus
La section des câblesSection de câble : comment choisir
La barrette et la terreComment vérifier sa mise à la terre
Une rangée ou un disjoncteur tombéDisjoncteur ou différentiel qui saute
Un tableau qui chauffeTableau électrique qui chauffe
Des fusibles à la place des disjoncteursVieux tableau à fusibles : faut-il le changer ?
Un appareil à 4 pôles dans un tableau monophaséDisjoncteur tétrapolaire en monophasé

Questions fréquentes

Que veut dire C16 sur un disjoncteur ? Courbe C, calibre 16 A. C’est le disjoncteur d’un circuit d’éclairage ou de prises en 1,5 mm².

Que signifie 40 A sur un différentiel 30 mA ? C’est le courant qu’il peut laisser passer en continu vers les circuits de sa rangée. Il coupe sur une fuite de 30 mA, jamais sur une intensité de 40 A.

Ce qu’il faut retenir

  • Comment lire son tableau électrique : du compteur vers les prises, disjoncteur de branchement, différentiel de rangée, puis un disjoncteur par circuit.
  • C16 sur un disjoncteur, c’est courbe C et 16 A. Le calibre protège le câble, pas l’appareil.
  • Sur un différentiel, 30 mA est la sensibilité ; 40 ou 63 A, le courant qu’il supporte.
  • Une rangée entière qui tombe, c’est une fuite. Un seul disjoncteur en bas, c’est son circuit.
  • Sans étiquettes fiables, on reconstruit le tableau circuit par circuit.
  • Le compteur se lit, on n’y touche pas : la frontière avec Enedis passe aux bornes de sortie du disjoncteur de branchement.

Pour aller plus loin

Les règles de repérage et de composition d’un tableau de logement se recoupent sur Promotelec.

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