Quand un client me parle de « vigi », il pense presque toujours à l’interrupteur différentiel de son tableau. C’est l’erreur la plus répandue, et c’est faux. Un Vigi, ce n’est pas ça du tout.
Un bloc Vigi est un module différentiel additionnel qu’on clipse sous un disjoncteur pour lui ajouter la détection des fuites de courant. L’ensemble forme alors un disjoncteur différentiel : protection des personnes plus protection du circuit. Seul, le bloc Vigi ne coupe rien. Il a besoin de son disjoncteur.
Le terme vient de Schneider, c’est à l’origine une marque déposée, passée dans le langage courant pour désigner ces blocs différentiels complémentaires. Et dans la pratique, on en croise nettement plus dans le tertiaire et l’industriel que dans les maisons. On va voir pourquoi, et surtout comment ça s’associe correctement.
Vigi, interrupteur différentiel, disjoncteur différentiel : qui fait quoi
Trois objets, souvent confondus, trois rôles distincts. C’est la base à poser.
L’interrupteur différentiel est un appareil autonome. Il surveille les fuites de courant vers la terre et coupe si l’écart dépasse sa sensibilité. Il protège les personnes. Mais il ne protège ni contre les surcharges ni contre les courts-circuits. Dans un tableau de maison, c’est lui qu’on trouve en tête d’une rangée, avec plusieurs disjoncteurs en aval.
Le disjoncteur différentiel fait les deux à la fois : il détecte les fuites, comme l’interrupteur différentiel, et il protège le circuit contre les surcharges et les courts-circuits, comme un disjoncteur. Deux protections dans un seul départ.
Le bloc Vigi, lui, n’est pas un appareil complet. C’est la pièce qui transforme un simple disjoncteur en disjoncteur différentiel. On le clipse sous un disjoncteur de la même gamme, et l’ensemble se comporte alors comme un disjoncteur différentiel. Tout seul, il ne sert à rien : il n’a aucune capacité de coupure propre.
Comment fonctionne la détection de fuite
Que la fonction soit dans un interrupteur différentiel, un disjoncteur différentiel ou un bloc Vigi, le principe est identique.
L’appareil compare en permanence le courant qui part par la phase et celui qui revient par le neutre. En fonctionnement sain, les deux sont égaux. Si une partie du courant s’échappe ailleurs, vers la terre, directement ou à travers une personne qui touche une masse, un écart apparaît. Dès que cet écart atteint la sensibilité de l’appareil, il coupe, en quelques millisecondes.
En habitation, la sensibilité qui protège les personnes est de 30 mA. C’est la valeur calibrée pour le corps humain, et la NF C 15-100 l’impose sur les circuits d’un logement. On trouve aussi des sensibilités de 300 mA, qui ne protègent pas les personnes mais limitent le risque d’incendie d’origine électrique, plutôt en tête d’installation. Un bloc Vigi existe dans ces deux sensibilités.
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Le détail que beaucoup ratent : le calibre du Vigi
Voilà le point technique sur lequel on se plante régulièrement, et c’est important.
Le calibre du bloc Vigi doit être supérieur ou égal à celui du disjoncteur sur lequel on le clipse. Autrement dit, le disjoncteur associé ne doit jamais dépasser le calibre du Vigi.
La raison est simple : tout le courant du circuit traverse le bloc Vigi. S’il est sous-calibré par rapport au disjoncteur, il peut être parcouru par un courant supérieur à ce qu’il est prévu pour supporter. Il n’est alors plus protégé contre l’échauffement.
Concrètement, un bloc Vigi calibré 25 A s’associe à un disjoncteur de 25 A maximum : 10, 16, 20 ou 25 A, jamais 32 A. Les calibres courants de ces blocs sont 25, 40 et 63 A. En pratique, sur le terrain, on associe le plus souvent un Vigi au même calibre que le disjoncteur, c’est le réflexe propre et sans ambiguïté.
Deux autres choses à savoir au montage. Le bloc et le disjoncteur doivent appartenir à la même gamme du fabricant, sinon le clipsage ne se fait pas.
Pourquoi plutôt dans le tertiaire que chez vous
Dans une maison ou un appartement standard, on travaille presque toujours avec des interrupteurs différentiels en tête de rangée, chacun couvrant un groupe de disjoncteurs classiques. C’est plus simple et moins cher pour protéger plusieurs circuits d’un coup.
Le bloc Vigi prend tout son sens quand on veut une protection différentielle dédiée à un seul départ, sans pénaliser les autres circuits. Si un défaut survient sur ce départ, lui seul coupe, le reste du tableau continue de fonctionner. Cette sélectivité a beaucoup de valeur dans un atelier, un local technique, une installation tertiaire où l’on ne peut pas se permettre de tout couper pour un seul circuit. D’où sa présence plus fréquente dans ces environnements. En habitation, on le réserve à des cas particuliers : un départ sensible, un tableau secondaire, un point précis qu’on veut isoler.
Interrupteur différentiel ou bloc Vigi : le comparatif
| Interrupteur différentiel | Bloc Vigi (seul) | Disjoncteur + bloc Vigi | |
|---|---|---|---|
| Détecte les fuites de courant | Oui | Oui, une fois associé | Oui |
| Protège contre surcharge et court-circuit | Non | Non | Oui |
| Fonctionne seul | Oui | Non | Oui |
| Protège les personnes (30 mA) | Oui | Une fois associé | Oui |
| Usage typique | Tête de rangée en habitation | Toujours couplé à un disjoncteur | Départ dédié, tertiaire surtout |
Comparatif fonctionnel. Le bloc Vigi n’est jamais un appareil autonome : il s’entend toujours associé à son disjoncteur.
FAQ
Un bloc Vigi peut-il fonctionner seul ? Non. Il n’a aucune capacité de coupure propre. Il doit obligatoirement être clipsé sur un disjoncteur compatible de la même gamme pour former un disjoncteur différentiel. Monté seul dans un tableau, il ne protège rien.
Quelle différence entre un bloc Vigi et un interrupteur différentiel ? L’interrupteur différentiel est un appareil complet et autonome, posé en tête d’un groupe de circuits. Le bloc Vigi est un module qui s’ajoute à un disjoncteur pour le transformer en disjoncteur différentiel, sur un seul départ. Ce ne sont pas les mêmes objets.
Quel calibre de disjoncteur associer à un bloc Vigi ? Un disjoncteur de calibre inférieur ou égal à celui du Vigi. Un Vigi 25 A accepte un disjoncteur jusqu’à 25 A, pas au-delà. Le plus simple et le plus courant est d’associer les deux au même calibre.
Le bloc Vigi est-il utilisé en habitation ? Rarement en protection générale : en domestique, on préfère les interrupteurs différentiels en tête de rangée. Le Vigi se rencontre surtout en tertiaire et industriel, ou sur un départ précis qu’on veut protéger et isoler individuellement.
Ce qu’il faut retenir
- Un bloc Vigi est un module différentiel additionnel : associé à un disjoncteur, il forme un disjoncteur différentiel.
- Ce n’est pas un interrupteur différentiel, qui est un appareil autonome posé en tête de rangée.
- Seul, le bloc Vigi ne coupe rien : il a besoin de son disjoncteur et de la même gamme pour se clipser.
- Le calibre du Vigi doit être supérieur ou égal à celui du disjoncteur associé, car tout le courant le traverse.
- On le voit surtout en tertiaire et industriel, pour protéger un départ dédié sans couper le reste.
- En 30 mA il protège les personnes, en 300 mA il vise surtout le risque d’incendie.
À jour de la NF C 15-100 édition 2024, applicable depuis septembre 2025. Toute intervention dans un tableau électrique se fait hors tension et reste délicate : la conformité d’une installation se vérifie avec un professionnel et le Consuel. Pour des travaux, je renvoie vers Decor’Home, entreprise de travaux électriques à Metz. En cas de doute, faites appel à un électricien qualifié.
Pour aller plus loin
- Comprendre le pouvoir de coupure d’un disjoncteur
- Quand l’interrupteur différentiel saute sans raison apparente
- Bien choisir la section de câble selon l’usage
Pour aller encore plus loin sur les normes en vigueur, consultez Promotelec : https://www.promotelec.com

