quel disjoncteur pour radiateur électrique

Quel disjoncteur pour radiateur électrique : 16 A ou 20 A ?

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Un propriétaire remplace ses vieux convecteurs par des radiateurs neufs, plus puissants, et garde le tableau tel quel. C’est le cas de figure qui revient souvent quand on me demande quel disjoncteur pour radiateur électrique il faut poser.

Le calibre se choisit sur la puissance totale du circuit, pas sur un radiateur pris isolément : 16 A avec du 1,5 mm² jusqu’à 3 500 W, 20 A avec du 2,5 mm² jusqu’à 4 500 W. Le chauffage est un circuit spécialisé, protégé par un différentiel 30 mA, avec sectionnement du fil pilote.

Tous les sujets pour comprendre l’électricité sont regroupés au même endroit.

Quel disjoncteur pour radiateur électrique : on calibre le circuit, pas l’appareil

C’est l’erreur de départ. On regarde l’étiquette du radiateur, 1 500 W, on en déduit 6,5 A, et on se dit qu’un 10 A suffit largement.

Sauf que le disjoncteur ne protège pas le radiateur. Il protège le câble.

Ce qui compte, c’est donc la section posée dans le mur et la puissance cumulée de tout ce qui est branché dessus. Deux radiateurs de 1 500 W et un de 500 W sur la même ligne, ça fait 3 500 W, soit un peu plus de 15 A en régime permanent. On est à la limite haute du 16 A.

Le calcul de base ne change pas : puissance divisée par 230 V donc pour un radiateur qui tire 2 000 W ça donne environ 8,7 A. Additionnez le tout et puis adaptez le calibre.

Un radiateur, ce n’est pas une cafetière

C’est le point qu’on oublie quand on compare des puissances sur le papier.

Une cafetière, une bouilloire, un grille-pain, ça tire fort mais deux minutes. Le câble n’a pas le temps de monter en température, et sur un circuit prises partagé personne ne s’en aperçoit. Un radiateur, c’est l’inverse. Il chauffe par cycles, thermostat qui ouvre et qui referme, mais il recommence toute la journée et toute la nuit, pendant cinq mois de l’année.

Discontinu, oui. Léger, non.

Et le pire moment, c’est la relance du matin ou le retour d’une absence : tous les radiateurs du logement démarrent en même temps, plein pot, pendant une bonne heure. À ce moment-là il n’y a plus de foisonnement du tout, chaque circuit tire vraiment ce que la somme des étiquettes annonce.
Tout est dit : le chauffage, on le considère comme allumé.

Conséquence pratique : ne remplissez pas un circuit chauffage jusqu’au dernier watt admissible. Gardez de la marge, ou passez au calibre au-dessus avec la section qui va avec.

Le tableau puissance, section, calibre

Puissance totale du circuitSection miniCalibre maxi
3 500 W1,5 mm²16 A
4 500 W2,5 mm²20 A
5 750 W4 mm²25 A
7 250 W6 mm²32 A

Source : article 10.1.6.5 de la NF C 15-100-10. Les sections sont des minimums, les calibres des maximums.

Les planchers rayonnants et les câbles autorégulants ne suivent pas cette table. Il faut les traiter à part, avec des puissances nettement plus basses pour une même section : 1 700 W en 1,5 mm² sous 16 A, 3 400 W en 2,5 mm² sous 25 A. Si vous avez du plancher chauffant, ne recopiez pas la table du dessus.

Sur un chantier neuf, je pose du 2,5 mm² sur les circuits de chauffage même quand le 1,5 mm² passerait : ça coûte quelques euros et ça laisse la place pour un radiateur de plus dans dix ans.

Pourquoi on lit encore 10 A et 2 250 W partout

Cherchez cinq minutes sur les forums, vous tomberez sur cette autre version : 1,5 mm² protégé par un 10 A, limité à 2 250 W. Elle circule toujours, et elle contredit frontalement la table des fabricants.
C’est une valeur d’une édition antérieure de la norme, remplacée depuis. Si un ancien plan ou un vieux mémento vous donne 2 250 W, c’est un document daté.

Rien n’interdit de sous-calibrer, cela dit. Un 10 A sur du 1,5 mm² reste sûr, il déclenchera juste plus tôt, Personnellement je préfère cette situation.

Le petit module qui coupe le fil pilote

Dès qu’il y a un fil pilote, la norme demande qu’il puisse être sectionné, et pas seulement la phase et le neutre. Logique : vous coupez le disjoncteur du circuit chauffage, vous ouvrez la boîte de connexion derrière le radiateur, et le fil pilote est toujours sous tension parce qu’il vient d’ailleurs, du gestionnaire d’énergie ou du programmateur. Le circuit a l’air hors tension alors qu’il ne l’est pas.

Trois façons de le faire :

  • par un dispositif associé au disjoncteur du circuit de chauffage concerné ;
  • par un dispositif associé à un interrupteur général de chauffage ;
  • par un dispositif indépendant, typiquement le disjoncteur dédié à la gestion d’énergie. Dans ce cas, un marquage « Attention fil pilote à sectionner » doit figurer sur le tableau et à l’intérieur de la boîte de connexion concernée.

La première solution, c’est ce fameux petit module. Chez Legrand, un contact auxiliaire de coupure fil pilote, 1 module, calibré 6 A, qui se clipse sans outil à gauche du disjoncteur et dont l’organe de manœuvre vient se loger dans la manette. Vous baissez la manette du disjoncteur, le fil pilote tombe en même temps.

C’est un module par circuit de chauffage, donc ça prend de la place dans le coffret. À prévoir dès le calcul de la réserve, pas à improviser une fois les rangées pleines.

Autre règle qui va avec : quand le chauffage est piloté par fil pilote, l’ensemble des circuits de chauffage et leurs fils pilotes se retrouvent en aval du même différentiel. Sinon vous pouvez avoir la commande alimentée et la puissance coupée, ou l’inverse.

Le sèche-serviettes de la salle d’eau, cas à part

Il ne se raccorde pas au petit bonheur sur le circuit chauffage de la chambre à côté.

L’appareil de chauffage de salle de bain est comme un circuit spécialisé à part entière, en 2,5 mm². Et l’appareil lui-même doit respecter les volumes de la NF C 15-100-7-701 : en volume 2, uniquement du matériel de classe II protégé par un différentiel 30 mA. En volumes 0 et 1, rien.

Le piège classique, c’est le sèche-serviettes soufflant à 1 500 ou 2 000 W qu’on ajoute sur une ligne déjà chargée. La puissance cumulée repasse au-dessus du seuil, et le circuit n’est plus dimensionné.

Questions fréquentes

Combien de radiateurs par disjoncteur ? La norme ne fixe pas de nombre. Elle fixe une puissance. Sur un 20 A en 2,5 mm², vous tenez 4 500 W cumulés, soit trois radiateurs de 1 500 W. En pratique, dédier un circuit par pièce ou par zone reste plus confortable pour le dépannage.

Un radiateur de 1 000 W a-t-il besoin d’un circuit dédié ? Pas d’un circuit à lui seul, mais il doit être sur un circuit chauffage, pas sur les prises de courant. Le chauffage électrique fait partie des circuits spécialisés, justement parce qu’il tire longtemps.

Quelle courbe de déclenchement ? Courbe C en résidentiel, c’est ce qu’on pose par défaut et ce qu’on trouve dans le tableau. Un radiateur est une charge résistive, il n’a pas de pointe au démarrage qui justifierait une courbe D.

Peut-on brancher un radiateur sur une prise de courant ? Un appareil fixe se raccorde sur une sortie de câble ou une boîte de connexion, pas sur une prise. Les radiateurs mobiles d’appoint sont une autre histoire, mais ils chargent alors un circuit prises qui n’a pas été prévu pour ça.

Ce qu’il faut retenir

  • Quel disjoncteur pour radiateur électrique : 16 A jusqu’à 3 500 W, 20 A jusqu’à 4 500 W, en additionnant la puissance de tous les appareils du circuit.
  • La section commande le calibre : 1,5 mm² pour 16 A, 2,5 mm² pour 20 A, jamais l’inverse.
  • Le chauffage est une charge longue et répétée, pas une pointe de quelques minutes : laissez de la marge au lieu de remplir le circuit au maximum.
  • Planchers rayonnants et câbles autorégulants suivent une table différente, beaucoup plus basse.
  • Prévoir le sectionnement du fil pilote dès la conception du tableau, avec le module d’un module de large en plus par circuit.
  • Le sèche-serviettes de salle d’eau prend son propre circuit spécialisé et respecte les volumes.
  • Si un vieux document vous donne 2 250 W en 1,5 mm², c’est une valeur d’une édition antérieure.

Contenu à jour de la série NF C 15-100 édition 2024, référence applicable depuis septembre 2025. La NF C 15-100 est une norme technique : la conformité d’une installation se constate par le Consuel ou par un professionnel, pas par un article de blog.

Toute intervention dans un tableau se fait hors tension, disjoncteur coupé et consigné, et avec vérification d’absence de tension avant de toucher quoi que ce soit. Le fil pilote est justement un bon rappel que « j’ai coupé le disjoncteur » ne veut pas toujours dire « tout est hors tension ». En cas de doute sur le dimensionnement d’un circuit existant, faites vérifier par un électricien qualifié. Pour des travaux dans le Grand Est, je renvoie vers Decor’Home.

Pour aller plus loin

Sur les règles d’installation et la NF C 15-100, la référence reste Promotelec.

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