Un coup sur une rénovation, j’ouvre le placard sous le plan de travail et je tombe sur une prise 16 A classique, jusque la tout va bien, sauf qu’elle été montée au bout du 6 mm², sur le disjoncteur 32 A de la plaque de cuisson. Ça fonctionnait très bien depuis des années. C’est exactement le problème.
Quel disjoncteur pour une plaque à induction : en monophasé, un disjoncteur 32 A sur des conducteurs de 6 mm², seul sur son circuit. En triphasé, 20 A suffit, avec du 2,5 mm² par phase. Dans les deux cas, le circuit est dédié à la plaque et protégé par un différentiel 30 mA de type A.
Le reste, c’est du détail. Mais c’est dans le détail qu’on se plante. D’autres cas concrets de ce type sont détaillés côté comprendre l’électricité.
Quel disjoncteur pour une plaque à induction : 32 A et 6 mm² en monophasé
C’est le cas de la grande majorité des logements français : la plaque de cuisson se raccorde sur un circuit spécialisé 32 A câblé en 6 mm², avec une sortie de câble ou une prise 32 A dédiée.
Le point que presque personne ne dit : ce circuit est demandé même si le client cuisine au gaz. C’est une réservation, prévue pour le jour où la cuisinière gaz laisse la place à une induction. Ça évite d’ouvrir les murs cinq ans plus tard.
Autre conséquence directe, et elle surprend souvent : en monophasé, la puissance de la plaque n’entre pas dans le choix du calibre. Une induction 3,5 kW ou une induction 7,4 kW se retrouvent sur le même circuit 32 A / 6 mm². On ne dimensionne pas d’après l’appareil du moment, on dimensionne le circuit de cuisson du logement. Le disjoncteur est en courbe C, la courbe standard en logement.
Tout ça vaut pour la série NF C 15-100 édition 2024, référence applicable depuis le 1er septembre 2025.
Les cas où 20 A suffit : une plaque à induction en triphasé
Il y en a du vrai, et du faux.
Le vrai, c’est le triphasé. Quand la plaque est alimentée en triphasé, le courant se répartit sur trois phases (ou deux phases selon le modèle de plaque) et le calibre tombe à 20 A, avec du 2,5 mm². La partie NF C 15-100-10 donne bien 32 A mono ou 20 A tri pour le circuit cuisinière.
En pratique, sur chantier, je raisonne comme ça : compteur triphasé, je tire du 5G2,5. Compteur monophasé, je tire du 3G6. Et je valide avec le client avant de tirer le câble, parce qu’un compteur triphasé ne veut pas dire que la plaque sera raccordée en triphasé. Beaucoup de plaques se câblent en mono, en biphasé ou en triphasé selon la position des pontets à l’arrière, et c’est la notice de l’appareil acheté qui tranche. Un câble tiré avant d’avoir posé cette question, c’est parfois un câble à refaire.
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Le faux, c’est le « moins de 3 700 W, donc 20 A ». On le lit partout. En monophasé, ça ne tient pas : le circuit 32 A reste demandé quelle que soit la plaque installée. Ne pas confondre avec les plaques provisoires livrés avec une fiche 16 A moulée : ceux-là se branchent sur une prise de courant ordinaire, parce que le fabricant les a conçus pour ça. Jamais sur une multiprise, l’appareil consomme déjà presque tout ce que la prise peut donner.
| Alimentation | Conducteurs | Protection | Raccordement |
|---|---|---|---|
| Monophasé 230 V | 3G6 (6 mm²) | Disjoncteur 32 A | Prise 32 A ou boîte de connexion |
| Triphasé 400 V | 5G2,5 (2,5 mm²) | Disjoncteur 20 A | Prise 20 A ou boîte de connexion |
| Plaque mobile à fiche moulée | Cordon fourni | Circuit prise 16 A existant | Prise 16 A, sans multiprise |
Sources : sections et modes de raccordement au tableau des circuits de la partie NF C 15-100-10. Le cas de la plaque mobile relève de la notice du fabricant, pas du circuit de cuisson.
Pourquoi ce circuit ne se partage avec rien
Le circuit de la plaque est un circuit spécialisé. Rien d’autre dessus : pas le four, pas les prises du plan de travail, pas la hotte. La norme demande au minimum quatre circuits spécialisés dans un logement, dont celui de la cuisson en 32 A, les trois autres allant au four, au lave-linge, au lave-vaisselle ou au sèche-linge.
Sur des installations anciennes, je trouve encore régulièrement le four et la plaque partagés sur la même ligne 32 A. Ça se rencontre, ça tient parfois depuis vingt ans, mais ce n’est pas ce qu’on fait aujourd’hui. Deux appareils de forte puissance sur une seule protection, c’est un disjoncteur qui saute en plein repas de famille, et surtout deux appareils qu’on ne peut plus isoler séparément pour intervenir.
Une précision utile : si la plaque déclenche à répétition sur un circuit correctement dimensionné, le calibre n’est pas la question. Là, on cherche un défaut, pas un chiffre. Dimensionner et dépanner, ce sont deux démarches différentes.
Prise 32 A, sortie de câble, et l’erreur que je vois passer
Les deux raccordements sont admis : prise 32 A dédiée, ou boîte de connexion avec sortie de câble. Je pose plutôt la sortie de câble quand la plaque est encastrée et ne bougera plus, et la prise 32 A quand le client peut avoir besoin de débrancher. L’axe de la prise ne descend pas sous 12 cm du sol fini.
Maintenant, l’erreur expliqué dans l’intro. sous le plan de travail. Une prise 16 A ordinaire montée au bout du circuit 32 A, ça paraît anodin, ça ne l’est pas du tout. Le disjoncteur 32 A protège le câble en 6 mm², il fait son travail. Mais il ne protège plus du tout la prise ni ce qu’on branche dedans : une prise 16 A a besoin d’une protection calibrée pour elle. Le jour où quelqu’un branche un chauffage d’appoint ou une rallonge à cet endroit, le socle peut brûler bien avant que le 32 A ne bronche. Et mécaniquement, du 6 mm² dans des bornes prévues pour du 2,5 mm², c’est un serrage médiocre, donc un échauffement de plus.
C’est un montage qui ne se voit pas. Il faut ouvrir. Et avant d’ouvrir quoi que ce soit, on coupe le disjoncteur concerné, on le consigne, et on vérifie l’absence de tension.
Le différentiel : type A, pas AC
Le circuit de cuisson est protéger par un différentiel 30 mA de type A, au même titre que le lave-linge (le type A ou le type F sur ce circuit, le type F étant plus tolérant aux courants parasites)
La raison est technique : l’électronique de puissance d’une induction peut générer des composantes continues dans un courant de défaut, et un différentiel de type AC ne les voit pas correctement. Un différentiel qui ne voit pas le défaut, c’est un différentiel qui ne déclenche pas.

Questions fréquentes
Un disjoncteur 20 A suffit-il pour une plaque à induction ?
En triphasé, oui, avec du 2,5 mm². En monophasé, non : le circuit de cuisson reste en 32 A / 6 mm², même pour une plaque peu puissante.
Peut-on garder un câble 2,5 mm² existant et poser un 32 A dessus ?
Non, jamais. Le disjoncteur protège le câble, pas l’inverse. Du 2,5 mm² sous 32 A, c’est un conducteur qui peut chauffer dans la cloison sans que rien ne coupe.
Prise 32 A ou sortie de câble ?
Les deux conviennent. Ce qui compte, c’est le circuit dédié, la bonne section et la bonne protection.
Le four peut-il partager le circuit de la plaque ?
Pas en neuf ni en rénovation complète : chacun son circuit, 32 A pour la plaque, 20 A pour le four.
Comment savoir si mon installation est conforme ?
La NF C 15-100 est une norme technique. La conformité se constate par un professionnel, et par le Consuel lors d’une mise en service. Un particulier peut intervenir chez lui sous sa propre responsabilité, mais un circuit de cuisson mal calibré est précisément le genre de sujet où je conseille de faire appel à un électricien qualifié. Pour la partie travaux, je renvoie vers Decor’Home, dans le Grand Est.
Ce qu’il faut retenir
- Quel disjoncteur pour plaque à induction : 32 A / 6 mm² en monophasé, 20 A / 2,5 mm² en triphasé.
- En monophasé, la puissance de la plaque ne change pas le calibre. Le circuit 32 A est demandé dans tous les cas, même avec une cuisinière gaz.
- Compteur triphasé : 5G2,5. Compteur monophasé : 3G6. À valider avec le client avant de tirer le câble, la plaque achetée décide du raccordement.
- Circuit dédié, rien d’autre dessus, et surtout pas le four.
- Différentiel 30 mA de type A minimum, jamais de type AC.
- Vérifier ce qu’il y a réellement au bout du câble : une prise 16 A sur un circuit 32 A protège le câble mais plus la prise.
- Couper et consigner le disjoncteur avant toute manipulation, et vérifier l’absence de tension.
Pour aller plus loin
Sur les circuits spécialisés et les règles d’installation en logement, la référence reste Promotelec.

