Que faire après une électrisation : le coup de jus que j’ai pris, et ce que j’aurais dû faire

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Un coup de jus, on ne le prévoit jamais. Moi non plus, et le jour où je l’ai pris, je n’ai rien fait de ce que je vais vous conseiller ici.

Que faire après une électrisation, même légère ? Appelez le 15 (ou le 112), même si vous vous sentez bien. Le médecin régulateur décide de la suite, souvent un électrocardiogramme pour contrôler le rythme du cœur. Une femme enceinte part à l’hôpital, même sans aucune trace. Et le circuit reste coupé tant qu’on n’a pas trouvé d’où vient le courant.

J’avoue que le côté médical, je n’aime pas en parler, parce que ça fait toujours peur. Je m’y force quand même, parce que c’est justement la partie que j’ai sautée.

Les autres risques de la maison, de la prise qui chauffe à l’odeur de brûlé, sont rangés dans la rubrique sécurité électrique.

Mon coup de jus, sur une commande de volet roulant

C’était chez un client, sur une commande de volet roulant. Le câble qui arrivait à la commande, c’était du câble téléphone. Pour moi, câble téléphone voulait dire courant faible. J’étais tellement sûr de moi que je n’ai pas sorti le VAT.

Sauf qu’un ancien installateur avait fait passer du 230 V dans ce câble. La partie dénudée d’un conducteur a touché mon doigt, et j’ai senti un bon coup de jus.

Sur l’échelle des sensations, j’étais plutôt en bas, une demi-seconde, rien de violent. Et comme je suis indestructible, évidemment, je n’ai pas consulté.

Avec le recul, sérieusement, ça coûte quoi un appel ? Deux minutes. Je me doute que ce n’était pas grand-chose, mais « je me doute » n’a jamais remplacé un électrocardiogramme. Si c’était à refaire, j’appellerais, au moins pour avoir un avis médical.

L’électricité, c’est traître. Elle attend le jour où vous êtes en confiance.

Que faire après une électrisation, dans l’ordre

Que faire après une électrisation : couper le courant, appeler le 15 ou le 112, électrocardiogramme, hôpital pour une femme enceinte, signes d'alerte.

Si la personne touche encore la source

  • Ne la touchez pas à mains nues. Le courant passerait aussi par vous.
  • Coupez le courant au disjoncteur général, ou débranchez la prise de l’appareil.
  • Si c’est impossible, écartez la source avec un objet sec et non conducteur (bois, plastique, carton), en vous isolant du sol.
  • Appelez le 15 ou le 112 (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes), en précisant qu’il s’agit d’un accident électrique en basse tension.
  • Si elle est inconsciente et respire, position latérale de sécurité. Si elle ne respire plus, massage cardiaque sans interruption jusqu’à l’arrivée des secours.

Si c’est vous, et que vous vous sentez bien

C’est le cas le plus fréquent à la maison, et le plus mal géré. Ça picote un peu, puis plus rien, et vous reprenez votre journée.

Appelez quand même le 15. Le médecin régulateur pose quelques questions et oriente. Pour une simple secousse sans blessure, il peut vous envoyer un médecin généraliste, qui fait un électrocardiogramme pour vérifier que le cœur n’a pas gardé de trouble du rythme.

Une exception ne se discute pas. Une femme enceinte qui prend une décharge, même légère, part à l’hôpital, à cause du retentissement possible sur le bébé.

Les signes qui doivent faire rappeler tout de suite

Certains effets ne se voient pas sur la peau. Rappelez le 15 sans attendre en cas de :

  • battements de cœur irréguliers ou palpitations ;
  • difficulté à respirer ;
  • douleurs, spasmes ou engourdissement dans les muscles ;
  • maux de tête, somnolence, malaise ;
  • brûlure au point de contact ou à la sortie du courant, même petite.

Pourquoi « ça va, je n’ai rien » ne suffit pas

Le courant entre souvent par la main et ressort en général par un pied, en traversant ce qu’il trouve, le cœur compris. À la maison, en 230 V, les brûlures visibles restent souvent petites, et le vrai danger, c’est le rythme cardiaque. Une peau intacte ne dit rien de ce qui s’est passé à l’intérieur.

Le corps réagit à très peu. On sent le courant dès quelques milliampères. Entre la petite secousse et le choc grave, l’écart tient à des détails qu’on ne maîtrise pas sur le moment, comme la durée, le trajet, une main mouillée ou un sol conducteur.

Ce jour-là, j’ai eu de la chance. Une méthode de sécurité ne se construit pas sur la chance.

Le 300 mA n’a pas sauté : bonne ou mauvaise nouvelle ?

Sur le circuit de ce volet, le seul différentiel en amont était un 300 mA. Il n’a pas bougé.

Pour moi, c’était plutôt bon signe. Un différentiel ne déclenche pas pile à sa valeur. Il ne doit pas couper à la moitié de sa sensibilité, et il doit avoir coupé à sa valeur nominale. Un 300 mA coupe donc quelque part entre 150 et 300 mA. S’il est resté armé, le courant qui m’a traversé était sous son seuil de déclenchement, donc forcément sous 300 mA.

Pour l’installation, en revanche, c’est une mauvaise nouvelle. Un 300 mA est fait pour limiter le risque d’incendie, pas pour protéger une personne. À son seuil, le corps a déjà encaissé bien plus qu’une petite secousse. Le seul seuil pensé pour le corps humain, c’est le 30 mA, qui coupe entre 15 et 30 mA.

La norme demande que tous les circuits d’un logement passent sous un différentiel 30 mA. Pour une installation refaite depuis le 1er septembre 2025, c’est l’édition 2024 de la NF C 15-100 qui sert de référence. Cette commande de volet n’avait qu’un 300 mA au-dessus d’elle.

Et même un 30 mA ne vous épargne pas la secousse. Il ne l’empêche pas, il la coupe vite. Il a aussi un angle mort. Si le courant entre par une main posée sur la phase et ressort par l’autre posée sur le neutre, tout ce qui part revient. Le différentiel ne voit aucune fuite, et il ne coupe pas.

Après le choc, trouver d’où vient le courant

Une décharge n’arrive jamais sans raison. Tant que la cause n’est pas trouvée, le circuit reste coupé et l’appareil en cause reste débranché.

Les causes habituelles :

  • un fil dénudé, comme dans mon cas ;
  • un câble qui n’a rien à faire là, câble téléphone ou fil de sonnette détourné pour du 230 V ;
  • un appareil en défaut d’isolement, qui met sa carcasse métallique sous tension ;
  • une mise à la terre absente ou coupée, qui laisse ce défaut se promener jusqu’à vous.

Côté tableau, deux contrôles sont à votre portée. Repérez le différentiel qui protège le circuit et lisez sa sensibilité, 30 mA ou autre chose. Puis appuyez sur son bouton test, il doit couper. S’il ne bouge pas, ou si le circuit n’a qu’un 300 mA au-dessus de lui, ce n’est plus un réglage, c’est la protection à reprendre. Dans le Grand Est, une reprise de protection comme celle-là, je la confie à Decor’Home.

Pour chercher le défaut, avant d’ouvrir une boîte ou de dévisser un appareil, le circuit est coupé et cadenassé au tableau, et on contrôle au VAT que plus rien n’arrive. Si le défaut ne se voit pas, la recherche se fait avec un appareil de mesure d’isolement, par un électricien qualifié.

Ce que ça a changé dans ma façon de travailler

Aujourd’hui, le VAT sort à chaque intervention. Même sur un câble qui a l’air de transporter du courant faible, même quand je suis sûr de moi. Surtout quand je suis sûr de moi, en fait.

Un câble ne dit pas ce qu’il transporte. Sa couleur, sa gaine, son type disent ce que l’installateur aurait dû faire, pas ce qu’il a fait. Seul le vérificateur d’absence de tension vous dit la vérité.

Et ça déborde même de l’électricité. Je redouble de prudence sur toutes mes interventions, élec ou pas.

Électrisation ou électrocution : quel mot employer ?

L’électrisation, c’est le passage du courant dans le corps, avec ou sans blessure. L’électrocution, c’est une électrisation qui entraîne la mort. Celui qui raconte qu’il s’est « électrocuté » s’est donc électrisé.

Au téléphone avec le 15, le mot compte moins que les faits : accident électrique, basse tension, durée du contact.

FAQ

Faut-il aller aux urgences après une petite décharge électrique ?
Pas forcément. Appelez le 15 : le médecin régulateur vous dit s’il faut y aller, ou si un médecin peut venir vous voir.

Pourquoi le différentiel n’a pas sauté quand j’ai pris une châtaigne ?
Plusieurs raisons possibles. Le courant est resté sous le seuil du différentiel, le circuit n’est protégé que par un 300 ou un 500 mA, le courant est passé entre phase et neutre à travers vous, ou le différentiel est défaillant. Dans tous les cas, l’installation mérite un contrôle.

Je prends une petite décharge chaque fois que je touche un appareil, c’est grave ?
Oui. Débranchez-le et ne vous en servez plus avant contrôle. Un appareil qui picote a un défaut d’isolement qui cherche un chemin vers la terre, et ce chemin, c’est vous. Faites vérifier l’appareil et la terre de la prise par un électricien.

Ce qu’il faut retenir

  • Que faire après une électrisation, même légère ? Appeler le 15 ou le 112. Deux minutes au téléphone, pour un trouble du rythme qui ne se voit pas.
  • Femme enceinte : hôpital, même pour une secousse sans trace.
  • Une personne encore en contact, on ne la touche pas, on coupe d’abord.
  • Un 300 mA limite le risque d’incendie. Seul le 30 mA est pensé pour le corps humain.
  • Le circuit reste coupé tant que la cause n’est pas trouvée.
  • Un câble ne dit pas ce qu’il transporte. Le VAT, à chaque fois.

Pour aller plus loin

Les règles de protection différentielle d’un logement se recoupent sur Promotelec.

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