wago dans un tableau électrique

Wago dans le tableau électrique : autorisé, mais pas n’importe comment

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La dernière fois que j’ai repris un tableau chez un client. J’ouvre le plastron, et je tombe sur une grappe de Wago qui pendouillent au milieu des fils, coincés entre deux rangées de disjoncteurs. Première réaction du client, un peu inquiète : « c’est interdit, ça, non ? »

Mettre des Wago dans le tableau électrique est autorisé : ce sont des bornes de connexion certifiées selon la norme produit EN 60998, au même titre que celles d’une boîte de dérivation. Deux conditions comptent vraiment : la borne doit rester accessible, et être calibrée pour la section et l’intensité du circuit. Le reste, poser propre plutôt qu’en vrac, c’est de la bonne pratique, pas une exigence de la norme.

Honnêtement, je ne suis pas un grand fan. Quand je peux, je vais direct sur le disjoncteur, et je limite les Wago dans le tableau au strict nécessaire. Mais parfois on n’a pas le choix. Et dans ce cas, autant les poser proprement. Pour le reste, d’autres notions de base pour comprendre l’électricité sont regroupées au même endroit.

Peut-on mettre des Wago dans le tableau électrique ?

Oui. La norme n’interdit nulle part la borne de connexion automatique à l’intérieur d’un tableau. Les Wago de la série 221 par exemple sont testés et certifiés selon la norme produit EN 60998, avec marquage CE et ENEC. Aux yeux de la norme, ce sont des dispositifs de raccordement à part entière.

Ce qui compte, c’est le résultat, pas la marque. Dans les dispositions générales de la série (NF C 15-100-1), une règle revient sans arrêt : les connexions doivent rester accessibles pour l’inspection, l’essai et l’entretien. Un Wago posé dans un tableau reste accessible tant qu’on peut ouvrir le plastron et le voir. Jusque-là, tout va bien.

Deuxième point, celui qui fait débat : faut-il fixer le Wago sur le rail ? Non. Comme dans une boîte de dérivation, où les bornes reposent librement, le tableau est une enveloppe de protection à part entière. Ce qui compte, c’est que la connexion reste accessible, contenue dans le tableau ou une goulotte fermée, et qu’aucun fil tendu ne tire dessus. Wago vend un adaptateur pour clipser ses 221 sur rail DIN : c’est confortable et propre, surtout sur un tableau neuf, mais ce n’est pas une obligation normative.

Un Wago, ce n’est pas un bornier de répartition

C’est la confusion que je vois le plus souvent, alors autant la lever tout de suite.

Un Wago, une borne de connexion, ça sert à raccorder des fils entre eux : prolonger un conducteur trop court, réunir deux départs, dépanner un point précis. C’est du ponctuel.

Un bornier de répartition, c’est un autre métier. Il se fixe proprement sur le rail du tableau, il est définitif, il prend de la place, et il sert à éclater la phase et le neutre vers les différentiels. Le jour où il faut répartir le neutre sur six interrupteurs différentiels, ça ne se fais pas avec une poignée de Wago empilés. Il faut poser un répartiteur, ou utiliser un peigne. C’est fait pour, c’est propre, et ça se contrôle d’un coup d’œil.

Quel Wago pour quel circuit ?

Un Wago doit encaisser deux choses : la section du fil, et l’intensité que le circuit peut débiter. Les deux, pas l’une ou l’autre.

BorneSection acceptéeIntensité maxUsage type dans le tableau
Wago 221 (4 mm²)0,2 à 4 mm² rigide ou souple32 Aprises, éclairage, circuits jusqu’à 20 A
Wago 221 (6 mm²)0,5 à 6 mm² rigide ou souple41 Acuisson 32 A, circuits en 6 mm²
Wago 2273 (à enficher)0,5 à 2,5 mm² rigide24 Acircuits fil rigide
Wago 224 (luminaire)0,5 à 2,5 mm² souple et rigide16 Acommande, éclairage

Caractéristiques constructeur Wago (séries 221, 2273, 224), bornes certifiées EN 60998. Les calibres de protection associés aux sections suivent la NF C 15-100-10.

Concrètement. Un circuit de prises en 2,5 mm² protégé à 20 A, un Wago 221 en 4 mm² passe tranquille. Une cuisson en 6 mm² protégée à 32 A, il faut le 221 en 6 mm² : le modèle 4 mm² ne prend même pas le fil dans le trou. Et toujours un seul fil par borne. Deux fils dans le même logement, c’est le mauvais contact assuré, donc l’échauffement.

L’erreur classique : le Wago qu’on ne peut plus atteindre

Voilà le piège que je croise le plus. On pose les Wago dans la goulotte de la GTL, bien visibles, bien accessibles le jour de la mise en service. Tout est nickel.

Six mois plus tard, le client fait installer un meuble devant. Ou pire, un habillage placo pour « faire propre ». Et l’accès aux Wago, fini.

Un habillage fixe posé devant le tableau, c’est un élément de construction. À partir de là, on ne respecte plus la règle d’accessibilité : on ne doit pas avoir à casser quelque chose pour atteindre une connexion. Donc si vous posez des Wago dans la GTL, prévenez le client, et prévoyez un accès qui restera un accès. Une trappe, un habillage démontable sans outil, un dégagement devant le tableau.

Et avant de mettre les mains là-dedans : on coupe, et on consigne le disjoncteur. Pas seulement le départ concerné, le général si vous ouvrez le tableau. On vérifie l’absence de tension avant de toucher quoi que ce soit. Le 230 V ne prévient pas.

Dépanner, oui. Systématiser, non.

Mon avis après quinze ans de terrain, il vaut ce qu’il vaut. Un Wago dans le tableau pour dépanner, réunir deux fils sur un départ, rattraper un conducteur trop court, c’est parfait, et c’est bien plus fiable qu’un vieux domino qui se desserre.

Mais sur une installation neuve, si j’ouvre un tableau et que je retrouve des Wago un peu partout à la place d’un câblage direct et de vrais borniers, ça me gêne. Ce n’est pas interdit, c’est juste que ce n’est pas comme ça qu’on construit propre. Le tableau neuf, on le câble sur les bornes des disjoncteurs et on répartit avec ce qui est fait pour.

Pour des travaux sur un tableau, le mieux reste de passer par un pro. Dans le Grand Est, je renvoie ces demandes à Decor’Home.

À jour de la série NF C 15-100 édition 2024, applicable depuis le 1er septembre 2025.

FAQ

Peut-on mettre un Wago dans un tableau électrique ? Oui, rien ne l’interdit. La borne doit rester accessible, être adaptée à la section et au calibre du circuit, et idéalement clipsée sur le rail avec l’adaptateur prévu.

Quel Wago pour une plaque de cuisson en 32 A ? Le 221 en 6 mm² (jusqu’à 41 A). La cuisson monophasée se câble en 6 mm² protégée à 32 A, et le modèle 4 mm² ne prend pas ce fil.

Un Wago peut-il remplacer un bornier de répartition ? Non. Pour répartir le neutre et la phase vers plusieurs différentiels, on pose un répartiteur ou un peigne. Le Wago, c’est pour de la connexion ponctuelle.

Est-ce que le Consuel refuse un tableau avec des Wago ? Pas au motif de la marque. Ce qui pose problème, c’est une connexion inaccessible, sous-calibrée. Un Wago bien posé et accessible ne bloque pas la mise en service.

Ce qu’il faut retenir

  • Les Wago dans le tableau électrique sont autorisés : bornes certifiées EN 60998, comme en boîte de dérivation.
  • Deux conditions non négociables : accessibilité, calibrage section + intensité.
  • Vérifier que la borne accepte la section du fil ET encaisse l’intensité du circuit. Un fil par trou.
  • Ne jamais bloquer l’accès aux Wago avec un meuble fixe ou un habillage placo : la connexion doit rester atteignable sans rien casser.
  • Un Wago sert à connecter, pas à répartir : pour le neutre et la phase vers les différentiels, un répartiteur ou un peigne.
  • Couper et consigner le disjoncteur avant toute intervention dans le tableau, et vérifier l’absence de tension.
  • En dépannage, très bien. En câblage neuf systématique, c’est le signe d’un tableau bâclé.

Pour aller plus loin

Sur les normes d’installation, la référence reste Promotelec.

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