Un contrôle de serrage sur un tableau, je le commence à la caméra. Un coup d’œil thermique avant de sortir le tournevis dynamométrique, ça montre tout de suite si un truc chauffe qui ne devrait pas.
Après deux ans à m’en servir, la caméra thermique FLIR ONE fait le job pour du diagnostic ponctuel : repérer un point chaud sur un tableau, une panne d’appareil, un roulement qui fatigue. Sa vraie limite : 80×60 en natif, le 240×180 c’est de l’interpolé. Pour un particulier curieux, elle suffit. Pour un pro qui veut mieux, il y a la Pro.
Alors, utile ou gadget ? Ça dépend entièrement de qui la tient. Je détaille.
D’autres tests d’outils sont regroupés dans la rubrique outillage.
Ce que c’est, et pourquoi je m’en sers
La FLIR ONE, ce n’est pas une caméra à poignée. C’est un petit module qui se clipse sur le port du téléphone, USB-C ou iOS selon la version, et qui transforme le smartphone en caméra thermique d’électricien. Léger, autour de 35 g, avec sa propre batterie pour ne pas pomper celle du téléphone. On la clips et c’est parti !
Moi je m’en sers surtout pour deux choses.
Le contrôle de tableau, d’abord. Je passe un coup de caméra avant l’inspection, je regarde s’il y a des déséquilibres entre phases ou un point chaud sur un départ. Une borne qui chauffe plus que ses voisines, ça se voit direct à l’image. L’idéal, c’est de le faire quand il y a de la demande en courant : un conducteur qui ne débite rien ne chauffe pas, donc il ne trahit rien.
Ensuite, le diagnostic de panne. Un doute sur un appareillage, un contacteur par exemple, la caméra donne une première réponse avant même de brancher le multimètre.




Le piège de la résolution : 80×60 ou 240×180 ?
C’est le point à comprendre avant d’acheter, parce que la fiche produit entretient le flou.
La FLIR ONE est annoncée en 240×180. Sauf que le capteur, lui, fait 80×60 en natif. Le 240×180, c’est le traitement VividIR de FLIR qui le reconstruit par interpolation. Autrement dit, l’électronique invente des pixels entre les vrais pour lisser l’image.
Ce n’est pas de l’arnaque, l’image est plus agréable à lire. Mais il ne faut pas croire qu’on a la finesse d’un vrai 240×180. Sur un tableau serré, avec des borniers proches les uns des autres, on sent vite la limite du 80×60. On voit qu’une zone chauffe, pas toujours quelle borne précise.
À retenir : 80×60, c’est la vraie donnée. Le reste, c’est du confort d’affichage.
Sur le terrain : tableau, pannes, moteurs
Un coup j’ai repéré une résistance HS sur un ventilo-convecteur grâce à la caméra. Je voyais clairement qu’une des résistances ne chauffait plus, les autres montaient, mais une restait froide. Confirmé ensuite au multimètre en position ohmmètre. Sans la caméra, j’aurais démonté et testé une par une. Là, le diagnostic était fait avant d’ouvrir.
C’est là que l’outil est vraiment utile : il oriente. Il ne remplace pas le multimètre, il dit où chercher.
Pour ceux qui bossent avec des moteurs, on peut aussi voir l’état d’un roulement à la caméra. Un roulement qui commence à fatiguer chauffe, et ça se repère avant la casse.
Un mot de sécurité, parce que le contrôle de tableau se fait sous tension, sous charge. C’est le principe même de la thermographie : il faut du courant pour voir les points chauds. Ça veut dire travailler à proximité de pièces nues sous tension. Pour un pro équipé, avec les EPI qui vont bien, c’est le métier. Pour un particulier, on ne retire pas le capot d’un tableau sous tension. On garde le capot, ou on scanne ce qui est accessible sans risque : appareils, radiateurs, moteurs, prises. La caméra ne rend pas sûre une manip qui ne l’est pas. Ou alors on coupe le courant et on regarde le tableau hors tension. Les pièces chaudes ne descende pas en température trop vite.
Sa limite, et pourquoi je prendrais la Pro aujourd’hui
Si c’était à refaire, je ne reprendrais pas ce modèle. Je prendrais la FLIR ONE Pro.
La raison, c’est la résolution native. La Pro monte à 160×120 en natif, soit quatre fois plus de vrais pixels que ma 80×60. Sur des borniers serrés, ça change la lecture. Elle grimpe aussi jusqu’à 400 °C contre 120 °C pour la mienne, ce qui compte si on inspecte des choses vraiment chaudes.
Le hic, c’est le prix. La Pro coûte nettement plus cher. Donc le choix n’est pas automatique : il dépend de ce que vous en attendez et de combien vous l’utilisez.
L’autre limite de la mienne, c’est la plage de température justement. Jusqu’à 120 °C, ça couvre l’électricité domestique et la plupart des diagnostics. Au-delà, elle sature.
Pour qui c’est, et pour qui c’est un gadget
Là, je suis franc.
Pour quelqu’un qui n’est pas électricien et ne bricole pas, ça n’a aucun sens. On regarde des jolies images colorées, on ne sait pas les lire, et on tire des conclusions fausses. Gadget, clairement.
Pour un électricien qui ne fait que de l’installation neuve, pareil, ça ne sert à rien. On ne diagnostique pas une installation qu’on est en train de poser.
Pour un particulier averti, curieux, qui veut faire son petit diagnostic tout seul, chercher une déperdition, un appareil qui chauffe anormalement, un doute sur un radiateur, la FLIR ONE colle très bien. Et s’il a les moyens de partir direct sur la Pro, c’est royal.
Pour un électricien qui fait du dépannage et de la maintenance, c’est un vrai plus au quotidien. C’est là que je la range dans les outils utiles, pas dans les gadgets.
Caractéristiques, FLIR ONE face à la FLIR ONE Pro
| Caractéristique | FLIR ONE (la mienne) | FLIR ONE Pro |
|---|---|---|
| Résolution capteur (natif) | 80 × 60 | 160 × 120 |
| Résolution image (VividIR) | 240 × 180 | 480 × 360 |
| Plage de mesure | -20 à +120 °C | -20 à +400 °C |
| Fréquence d’image | 8,7 Hz | 8,7 Hz |
| Traitement d’image | MSX + VividIR | MSX + VividIR |
| Connexion | USB-C ou iOS | USB-C ou iOS |
| Poids | ~35 g | ~35 g |
Source : données FLIR. Résolution native à ne pas confondre avec la résolution d’affichage VividIR.
Prix indicatif et où l’acheter
La FLIR ONE se trouve sur Amazon FR et ManoMano.
- FLIR ONE (80×60) : autour de 200 € (prix constaté en juillet 2026, indicatif et variable)
- FLIR ONE Pro (160×120) : autour de 400 € (prix constaté en juillet 2026, indicatif et variable)
L’écart de prix est réel. C’est lui qui décide, plus que la fiche technique.
FAQ
Une caméra thermique, c’est utile ou c’est un gadget pour un particulier ? Ça dépend de qui la tient. Pour un particulier averti qui veut chercher une déperdition ou un appareil qui chauffe, utile. Mais pour quelqu’un qui ne saura pas lire l’image, gadget.
FLIR ONE ou FLIR ONE Pro, laquelle choisir ? La ONE suffit pour de l’électricité domestique et du diagnostic simple. La Pro, avec son 160×120 natif et sa plage jusqu’à 400 °C, est plus fine et plus polyvalente, mais nettement plus chère. Si le budget suit, la Pro.
Le 240×180 de la FLIR ONE, c’est de la vraie résolution ? Non. Le capteur fait 80×60 en natif. Le 240×180 est reconstruit par le traitement VividIR. L’image est plus lisible, mais la finesse reste celle du 80×60.
Peut-on inspecter un tableau électrique sous tension avec ? Oui, et c’est même nécessaire pour voir les points chauds, il faut du courant. Mais retirer le capot d’un tableau sous tension, c’est un travail de professionnel équipé. Un particulier garde le capot fermé et scanne ce qui est accessible sans risque.
Ce qu’il faut retenir
- La caméra thermique FLIR ONE est un bon outil d’orientation en dépannage : elle dit où chercher, elle ne remplace pas le multimètre.
- Vraie résolution 80×60 en natif, le 240×180 est de l’interpolé VividIR. À savoir avant d’acheter.
- Plage jusqu’à 120 °C, largement suffisant pour l’électricité domestique.
- Inutile pour un non-électricien ou pour du neuf. Utile pour du dépannage et de la maintenance.
- Si le budget suit, la FLIR ONE Pro (160×120 natif) est le meilleur choix. Sinon la ONE fait très bien le job pour un particulier.
- Mon verdict : utile, pas gadget. À condition de savoir lire ce qu’on regarde.
Pour aller plus loin
- Le stylo testeur de tension Wiha, pour un premier repère avant même la caméra.
- Le tournevis isolé Stanley FatMax, l’outil de base pour le serrage.
- Ce qu’il faut savoir quand une prise électrique qui chauffe trahit un point chaud.
Côté sécurité du travail sous tension et thermographie, la référence reste Promotelec.

